Danser d’une culture à l’autre

Les étudiantes du gymnase Theresianum, dans le canton de Schwyz, ont vécu un échange culturel décoiffant : la visite d’un township sud-africain à travers le film « Life in progress » et deux de ses protagonistes, Venter et Murder. Leur enseignante d’Histoire Jeannette Bär, organisatrice de ce projet ayant bénéficié d'un soutien financier d’éducation21, nous parle de cette magnifique rencontre. 

« Life in progress », retrace le parcours de vie de Murder et Venter, tous deux issus d’un township d’Afrique du Sud. La danse joue un rôle primordial dans leur vie et les aide à faire face à des conditions de vie souvent difficiles et précaires. Pour les étudiantes de ce gymnase privé schwyzois réservé aux filles, c’est l’occasion de se rendre compte des réalités de l’apartheid, thème qu’elles ont abordé en cours d’Histoire avant la projection.

Questionner les images stéréotypées
La séance de cinéma n’est qu’une partie du projet. La réalisatricedu film Irene Loebell explique : «A travers ces expériences concrètes au contact d'humains issus d’un monde totalement différent, je souhaite questionner les images stéréotypées de la pauvreté en Afrique». Elle accompagne alors ces deux jeunes à la rencontre d’autres jeunes, comme ici à Brunnen. La discussion, en anglais, dure une heure et demie. A intervalles réguliers, ils détendent l’atmosphère avec humour, en s’exprimant en suisse-allemand. Après le thème de la danse, les questions s’orientent vers le conflit avec leur directeur qui les a, pendant le tournage pour Venter, puis plus tard pour Murder, conduits à quitter leur école de danse.

Sur scène, les avis divergent
Interrogé sur les causes de l’importante propagation du sida dans son pays, Venter soutient que les « filles légèrement vêtues » y contribuent, en se prostituant occasionnellement. Irene Loebell lui rappelle toutefois que la prostitution implique toujours deux personnes. Quant à la question de la religion, la réponse est plus nuancée. Pour Venter qui vit sans ses parents, la religion est une affaire privée. Murder parle en revanche de l’éducation religieuse qu’il a reçue de ses parents. Très franc, il admet même qu’il a prié pour pouvoir venir en Suisse. Irene Loebell, elle, dénonce le fait que les nombreuses églises et sectes d’Afrique du Sud gagnent énormément d’argent grâce à la religiosité des gens.

Danser et entrevoir l’existence différemment
L’après-midi est consacrée à la danse, le Pantsula. Murder et Venter ne sont pas uniquement d’excellents danseurs, mais également très drôles et habiles dans la communication. Ils enthousiasment les étudiantes par leurs mouvements rapides, précis et parfois saugrenus. Ils réussissent sans peine, grâce à cette danse, à apporter à Brunnen un peu de l’esprit et de la vie du township. Laura, une étudiante, confie qu'elle a beaucoup aimé l’ouverture des danseurs et leur capacité à transmettre leur culture. Quant à Jeannette Bär ajoute, satisfaite : «Cette journée thématique a réellement permis un changement de perspective.»

      
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